Le Livre de l’Intranquillité, Fernando Pessoa

Oeuvlelivredelintranquilitére au long cours de l’auteur aux mille avatars de plume (sous le masque ici de Bernardo Soares), publiée à titre posthume. Somme mouvante de fragments, histoire sans intrigue, comme l’indique le sous-titre du livre : « autobiographie sans événements ». L’histoire d’un homme sans histoire. L’histoire d’un hypersensible. Comme si l’un des personnages névrosés de Huysmans se lançait dans un imposant projet d’introspection proustienne.

Pensées qui s’émiettent en vignettes, au plus près du ressenti, jusqu’au vertige. Qui nous disent le bonheur de rêver, de la contemplation, de la vie de l’esprit. La multiplicité de l’être et sa fragilité. La désillusion, l’incapacité à vivre et la vacuité des choses. Discours tour à tour grandiose et pathétique, entre spleen et idéal, philosophie et poésie, hyperesthésie et dépression, qui s’assume jusque dans ses contradictions. Nombrilisme universaliste ? Parfois atteignant l’épiphanie.

Et la lumière chaleureuse du Portugal qui passe par la fenêtre, et sa pluie fine aussi ; Lisbonne est comme une présence. Sourdement fascinant.

Le Livre de l’Intranquillité, Fernando Pessoa, 3e Ed., Christian Bourgois, 615 pages.

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