Petites Formes, Dominique Quélen

Petites formesPetites formes, c’est d’abord à chaque page de petits blocs de texte, sans début ni fin, aux première et dernières phrases tronquées. Bribes d’un ensemble plus vaste, vraisemblablement continu, romanesque, comme si, nous suggère l’un des fragments, on lisait dans l’obscurité avec pour seule aide un faible faisceau de lumière.

Sous des abords d’énigmes poétiques, on s’avise finalement qu’il est question de suivre la trajectoire d’une existence, les textes au format moléculaire au milieu d’ellipses allant de l’enfance à la mort, de la tranche de vie à l’autopsie. Les petites formes, ce sont celles des souvenirs, une promenade en forêt, à la plage, dans un village, ce sont les différents états de l’organisme, du corps sportif, du corps sexuel, du corps malade, et aussi les organes, le cœur, l’œil, ce sac de peau, de muscles et d’eau qui nous composent, jusqu’à, finalement, la décomposition. Métaphysique de la chair?

Comme il se doit dans un recueil épuré riche de symboles et d’échos signifiants, resserré dans sa forme, mais sémantiquement dense, les bribes ne cessent de faire allégorie de l’ouvrage lui-même, jusqu’à l’extinction du langage. Bien entendu, il manque des fleurs et des papillons pour qu’on puisse vraiment parler de poésie, mais en troquant la plume pour le scalpel, Dominique Quélen a signé là un fascinant ouvrage.

Petites Formes, Dominique Quélen, Ed. Apogée, 80 pages.

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